Le labyrinthe

Le labyrinthe

J’avance pas à pas dans ce labyrinthe de sons, d’images et de souvenirs lacérés, sans savoir où il va me mener. Une multitude de chemins sinueux s’entrecroisent bordés de volumes enfermés par la rouille. 

Des ouvertures, des fermetures, des passages secrets où on a envie de s’y glisser, de s’y nicher afin de cacher peut-être nos secrets les plus intimes, nos pensées tortueuses, enchevêtrées dans des courbures caverneuses.

Et pourtant que vois-je suspendu au bord de cette porte de fer ?

Un fil.

Un fil qui peut-être me mènera à la sortie de ce dédale sans issue. Mais ai-je vraiment envie de sortir de ce tissu ?

Je suis bien là, protégé du monde extérieur où mon âme reste candeur, où mon âme reste inatteignable, où mes secrets détestables restent enfouis sous la roche, où ma vie n’est finalement qu’un jeu.

Un jeu entre la vie et la mort.

Survivre. Survivre dans ce labyrinthe aux milles couleurs, aux milles images. Un peu comme un voyage, un peu comme dans un rêve.

Mais est-ce un rêve ou un cauchemar ? Est-ce l’Enfer ? Non, je ne crois pas. Cela est trop doux. Je m’y sens bien. Pour la première fois, je me sens apaisée.

Il n’y a plus de colère, plus de violence. Il n’y a plus de tonnerre, plus de souffrance. Tout est calme, sans bruit.

Le combat est fini.

J’ai cessé de me battre contre moi-même. Contre ce labyrinthe dans ma tête où tout n’est que chaos.

Mon âme repose en paix tout là-haut. Je n’ai plus peur des monstres et des cimetières. Je n’ai plus peur du Minotaure et de sa misère. Pour la première fois la mort m’a prise dans ses bras.

Et de cette danse s’enchaine mes derniers pas.

 

Atelier d’écriture « Voie sans issue » au Musée Würth sur les oeuvres d’Anthony Caro le 15/11/14.

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